Une membre sous les projecteurs : Catherine Blanchette (ou savoir s’amuser avec les imprévus pour les optimiser)

Récemment, le blogue de la Jeune chambre de commerce de Montréal (JCCM) a été informé à l’effet d’une expérience unique vécue par une membre. Toujours à l’affût des histoires qui concernent les membres de la JCCM, le blogue a voulu en savoir plus en demandant à madame Catherine Blanchette de partager son histoire. 

Fin 2011, je prends la décision de me lancer en affaires. Tout un défi, mais ô combien stimulant : fini les patrons, bienvenue la liberté d’action et le libre-arbitre. C’est ainsi que Cblanchette naît : conception de sites Internet Worpress, rédaction de contenus, traduction et gestion des médias sociaux. Je m’inscris à la JCCM et commence à réseauter. Début 2012, je fais mes premières soumissions et me dis que la vie est belle. Puis, le matin du 24 mars, je quitte mon appartement, kayak au bras, pour n’y remettre les pieds que 4 mois plus tard, changée.

Partie profiter de la crue printanière sur une rivière que je connaissais très bien, je passe légèrement à gauche de la ligne réglementaire sur la chute de la fin. Si petite à l’œil, cette erreur a pourtant comme conséquence de me faire dévier de ma trajectoire et de nous faire atterrir, mon kayak et moi… sur une roche. Le résultat est instantané : double fracture à droite (tibia et péroné), implosion et fractures multiples du talus gauche. Mes amis m’évacuent, mon kayak faisant office de brancard. Opérée à la cheville droite, je suis plâtrée des deux pieds. En un instant, je suis passée de bipède à quasi-quadraplégique, d’entrepreneure avec le vent dans les voiles, à une patiente résidant à l’hôpital, coupée de toute source de revenus, bien-être social inclus. Aucun pronostic clair sur les séquelles potentielles, seul le temps aura raison.

J’avais toutes les raisons du monde de m’apitoyer sur mon sort, mais à la place je me suis dit ceci : pourquoi ne pas simplement profiter de l’expérience « chaise roulante » et voir ce que je peux en tirer de bon? Car si certains disent que « rien n’arrive pour rien », je crois plutôt que bien qu’on ne contrôle pas toujours ce qui nous arrive, on a la chance de contrôler ce qu’on en fait!

C’est ainsi qu’avec la plus grande honnêteté, je vous avoue avoir apprécié mon expérience, chaque jour de ces quatre mois d’hôpital. De plus, j’ai découvert Montréal et ses festivals sous un autre angle, poussant mes deux roues de caoutchouc un peu partout et découvrant par la même occasion la réalité des gens à mobilité réduite. J’ai ainsi réalisé qu’il n’existait aucun répertoire généraliste en ligne dressant la liste des endroits accessibles en chaise roulante. Un élément qui me semblait pourtant si essentiel!

Huit mois plus tard, je marche presque normalement, même si descendre les marches reste difficile et que la course n’est pas encore possible. Et si cette expérience a changé ma réalité physique, elle a également changé ma réalité professionnelle : mes déboires en chaise roulante m’ont donné l’idée de créer OnRouleMontréal, un répertoire virtuel interactif (wiki) répertoriant les endroits accessibles en chaise roulante à Montréal et les diverses ressources disponibles (subventions, programmes, outils, etc.). Le site est en ligne depuis le 1er août dernier et contribue chaque jour à faciliter la vie au quotidien des personnes à mobilité réduite!

J’ai contacté plusieurs organismes du milieu et suis en pourparlers afin de voir quel statut (OBNL?) serait le mieux adapté au projet, ainsi qu’aux besoins de ces associations, afin de regrouper les efforts. Si vous désirez avoir davantage d’informations, n’hésitez pas à me contacter par Linkedin (cliquez sur ma photo).

En janvier 2013, je repasserai à nouveau sous le bistouri, pour retirer plaques et visses. Une autre convalescence, une seconde période d’atrophie musculaire, un autre défi… et l’occasion de développer encore davantage OnRouleMontréal! 

Catherine Blanchette-Dallaire est bachelière en administration à l’ESG-UQÀM, après avoir fait ses débuts en Bioinformatique à l’UdM. Activement impliquée dans les associations étudiantes, elle a reçu une mention spéciale à cet effet sur son diplôme. Entrepreneure dans l’âme, elle est arrivée en 4e position dans la catégorie Entrepreneurship, lors des très compétitifs Jeux du Commerce (2007). Depuis, elle a travaillé à son compte en tant que gestionnaire d’immeuble, puis en tant que responsable clients et marketing pour une entreprise de cadeaux corporatifs. Depuis 2011, elle est Présidente de Cblanchette, une boîte de services conseils web.

Une expérience face à l’adversité vous a-t-elle déjà motivé(e) à entreprendre un projet qui vous tenait à coeur?

3 réponses à “Une membre sous les projecteurs : Catherine Blanchette (ou savoir s’amuser avec les imprévus pour les optimiser)

  1. Photo par Frédéric Cormier

  2. Cet article est tres interessant.

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