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Arrimages rencontre le Talisman Theatre !

Devoir subitement tout laisser derrière, ne prendre avec soi que ce que l’on peut porter, être projeté dans un voyage dont l’issue est inconnue et qui ne connaîtra pas de retour. Faire l’expérience de l’autre, vivre entre les frontières pour espérer s’ancrer dans une nouvelle patrie. Voilà quelques réalités de l’exil auxquelles a été confrontée la cohorte Arrimages de la Jeune Chambre, le mardi 6 mars dernier. The AENEID, adaptation du poème épique de Virgile mise en scène par le Talisman Theatre, présentée en anglais au Théâtre La Chapelle, à Montréal, est une pièce qui examine des problématiques qui ont traversé les siècles tout en soulevant des enjeux résolument contemporains.

Pourtant, nous étions attendris devant les personnages qui ont même réussi à nous faire rire. L’utilisation des marionnettes en était certainement pour quelque chose. Le metteur en scène, Zach Fraser, faisait remarquer comment la naïveté qui se dégage des marionnettes, tel l’attachement qu’on ressent pour un enfant, permet aux comédiens comme aux spectateurs d’aller plus loin dans la compréhension du récit et, dans ce cas, de «l’horrible de la situation».  Le spectateur s’identifie plus facilement et profondément à ce qui se déroule sur scène. Les marionnettes permettent aussi de mieux servir le texte et ce qu’il évoque : le monde surréel, supranaturel, les dualités entre mondes réels et mondes sous-terrain, la tension entre le drôle et le tragique et l’exploration d’aspects magiques.

L’auteur Olivier Keimed, qui a également signé le texte (ou la partition, devrions-nous dire, dans le cas de Pilon Lemieux 3D Art) Icare, représentation à laquelle nous avons pu assister au TNM le mois dernier, s’attaque encore ici à un récit classique et aux mythes fondateurs. L’Énéide de Virgile, écrit entre 29 et 19 av. J.C., traite de la guerre de Troie et fait l’apologie de la civilisation romaine. Keimed semble avoir dégagé du texte un propos plus universel, voire humaniste, ne prenant pas de camp ou de position moralisatrice. Plutôt, il nous appelle à réfléchir au déracinement souvent cruel auquel sont confrontées plusieurs personnes aujourd’hui. Une note biographique au programme nous apprend que cette réalité est reliée à sa propre histoire familiale, à travers celle de son père qui, en 1952, quittait l’Égypte.

En discussion avant la représentation, nous avons pu en apprendre plus long sur le fonctionnement du Talisman. La compagnie a pour mission de produire et diffuser des œuvres québécoises contemporaines de la relève, souvent féminines, afin de les rendre accessibles à un public non-francophone et lui donner accès à un pan de la culture québécoise. En raison de cette mission, l’œuvre théâtrale doit avoir été représentée au moins une fois. Le Talisman s’occupe de la traduire et propose sa propre vision de l’œuvre. Car chaque nouvelle mise en scène vient, en quelque sorte, faire ressortir une interprétation inédite d’un texte. Dans ce cas, la pièce écrite pour 7 comédiens a été adaptée pour 3 marionnettistes (les talentueux Marcelo Arroyo, Deena Aziz et Chimwemwe Miller).

Le Talisman présente une œuvre par année ce qui s’explique, entre autres, par ses moyens financiers. Lyne Paquette, fondatrice et directrice artistique de la compagnie, précisait que 80% du budget provient des fonds publics. La compagnie est financée «à projet», et non encore «au fonctionnement», par les trois paliers de gouvernement (national, provincial et ville). Les recettes de billetterie, les dons et les placements au programme permettent de recueillir le 20 % du budget supplémentaire. Rappelons qu’un projet de création peut souvent demander de nombreuses heures de travail. Dans ce cas, la confection des marionnettes, réalisée par Zach Fraser, a demandé une certaine dose d’engagement et de passion. Avec toutes les heures investies, disons qu’il fallait trouver une autre motivation que celle du taux horaire, nous révélait-il avec humour.

Frédéric Tremblay, avocat spécialisé en droit du travail, est membre du CA de la compagnie qui a été formé il y a deux ans. Cette implication, même si elle fut le fruit du hasard, répond pour lui au besoin de sortir du cadre habituel de ses activités pour l’enrichir. Le conseil, formé de 3 à 10 personnes, a pour mission de rendre les rêves en réalités convaincantes et de répondre aux défis posés. Un petit rôle, nous dit-il, mais qui a de grandes conséquences.

Il n’est pas étonnant que ce soit le Théâtre La Chapelle qui ait présenté cette pièce risquée et engagée. Le directeur du théâtre La Chapelle, Jack Udashkin, qui se décrit comme dirigeant un théâtre un peu rebelle, nous a présenté avec passion sa vision de ce lieu qui est devenu, depuis son arrivée en 2007, un centre névralgique en création contemporaine québécoise. Pour le coup, les gestionnaires en nous sont interpelés. N’est-ce pas qu’il faut, en plus de la vision artistique, une bonne dose d’aptitudes entrepreneuriales pour diriger un organisme artistique!

Car Udashkin a du flair, une capacité à dénicher des talents et à programmer des œuvres qui intéressent les publics. Il peut s’appuyer sur un bassin de talents au Québec très particulier. Cette nouvelle vague d’artistes de la scène d’avant-garde québécoise propose des œuvres originales mais accessibles. Il explique cette capacité à transmettre leur propos artistique par une certaine qualité visuelle des œuvres et un caractère d’authenticité. Il s’appuie également sur des principes marketing qui s’inscrivent en faux contre le dictat des publics cibles aux goûts établis, auxquels il faut plaire. Plutôt que de programmer ce qu’il croit que le public voudrait voir, il mise sur le caractère de l’étonnement et sélectionne les œuvres en fonction de leur potentiel provocateur, de visions nouvelles du monde, et pousse ses publics à ressentir de l’empathie pour ces nouvelles idées.

Marie-Hélène Grenier, participante Arrimages

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Un 6@8 sous le thème des liens arts et affaires!

Le 29 août dernier avait lieu le 6@8 Arrimages au Musée d’Art contemporain de Montréal, où une bourse de 2 500$ a été remise à Tagente, un lieu de diffusion et de développement de la danse contemporaine à Montréal.

Ce 6@8 était dédié au programme Arrimages afin de présenter aux jeunes gens d’affaires le récipiendaire de l’année dernière et lancer la nouvelle saison.

Lors de la soirée, notre invité, Alexandre Taillefer, président du conseil d’administration du Musée d’art contemporain de Montréal a vanté l’effervescence culturelle qui règne à Montréal. Dans son désir de « dépasser Toronto » sur le plan culturel, Monsieur Taillefer a également lancé un défi aux jeunes professionnels et entrepreneurs présents : s’impliquer davantage dans le milieu artistique et culturel à Montréal. Il a souligné à quel point les organisations ont besoin de jeunes gens d’affaires dynamiques et remplis de ressources, une valeur inestimable à leurs yeux .

Le programme Arrimages en quelques mots…

Initiative conjointe de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal (JCCM) et du Conseil des arts de Montréal.

Par un parcours de 6 activités, le programme Arrimages est une occasion pour les jeunes professionnels et entrepreneurs de faire des découvertes artistiques, mais aussi d’effectuer un premier pas vers le mécénat en contribuant à la bourse qui sera octroyée à l’une des 6 organisations artistiques qui auront reçu les participants au cours de l’année.

POURQUOI Y PARTICIPER ?

  • Faire un premier pas dans une démarche philanthropique;
  • Rencontrer les membres de la direction, du conseil d’administration ou mécène de l’organisation;
  • Élargir son réseau en échangeant avec d’autres professionnels qui désirent s’initier à l’art ou qui y accordent déjà un intérêt;
  • Aiguiser sa curiosité au contact des créateurs et artisans du milieu artistique montréalais;
  • Développer ses connaissances artistiques et comprendre l’importance de l’art comme moyen de réalisation et d’épanouissement;
  • Contribuer au rayonnement de l’art et de la culture de Montréal.

POUR QUI?

Tous  les membres qui s’intéressent aux arts et à la culture. De plus, les membres ont la possibilité d’inviter un non-membre (il est obligatoire que l’invité soit la même personne tout au long du parcours culturel).

LE COÛT?

Un total de 200$, incluant 150$ de participation aux activités et 50$ de bourse versée à l’une des six organisations que vous aurez visitées. Cette dernière sera désignée à la fin du parcours artistique par les membres du programme Arrimages. Un montant équivalent, soit 50$ par participant, sera également offert par la JCCM à cette même organisation.

QUAND ?

8 rencontres, d’octobre 2013  à mai 2014

Pour plus d’information sur la programmation et pour vous inscrire à la cohorte 2013-2014, veuillez visiter le site Web de la JCCM à l’adresse suivante:

http://www.jccm.org/reseautage/programme-arrimages/10-inscription-programme-arrimages

Au plaisir de vous y voir!

Catherine Blanchet-Morin

Directrice du programme Arrimages 2013-2014

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