Première expérience Arrimages commentée par Amélie Durivage

Le programme Arrimages est une initiative conjointe de la JCCM et du conseil des Arts de Montréal qui permet à ses membres d’être sensibilisés aux réalités du milieu artistique montréalais à travers un parcours de six sorties culturelles. La première activité du programme Arrimages 2013-2014 s’est tenue à l’Agora de la danse ce 15 octobre. Le groupe Montréal Danse, qui nous recevait, y présentait en avant-première la nouvelle création du chorégraphe québécois Benoît Lachambre intitulée Prismes.
Il faut souligner que la direction d’Arrimages a effectué un pari audacieux en choisissant comme première sortie culturelle une immersion dans l’univers de la danse moderne, celle-ci n’étant pas la forme d’art la plus aisément accessible pour un œil non averti. Toutefois, les jeunes professionnels de la JCCM ont été, dans un sentiment unanime, comblés par cette première occasion qui était, pour la plupart, inaccoutumée.

La soirée débuta avec un cercle de discussion convivial et chaleureux, où verre de vin à la main, les jeunes professionnels ont pu s’évader de leur train-train quotidien et s’infiltrer dans celui de Kathy Casey, directrice artistique de Montréal Danse. Elle présenta à son auditoire attentif les différents enjeux de ce groupe précurseur de la danse contemporaine qui sert de plateforme au développement chorégraphique d’œuvres novatrices, intelligentes et toujours uniques en leur genre depuis plus de 25 ans. Concrètement, la compagnie sélectionne annuellement un nombre limité de chorégraphes d’exceptions auxquels elle fournira le financement complet de la production, la mise à disposition de sa troupe de danseurs, l’accompagnement à la direction artistique en plus de la promotion et diffusion du spectacle ainsi mis sur pied. Deux membres du conseil d’administration étaient aussi présents pour parler de leur implication. Leur rôle consiste à soutenir la compagnie dans l’atteinte de ses défis futurs actuellement déterminés par le développement de la notoriété de la compagnie à Montréal, l’expansion à l’international par l’entremise de collaborations et partenariats créatifs ainsi que l’augmentation des revenus autonomes. Ce fut une discussion en somme rafraîchissante et inspirante de par la vigueur, la passion et l’enchantement qui animent Kathy Casey dans l’exercice quotidien de son métier; ce dernier s’inscrivant dans une sorte de prolongement identitaire. Il en va de même pour Benoît Lachambre et ses fabuleux danseurs qui nous furent présentés pour clore la première partie de cette soirée remarquable.

La soirée se poursuivit sur les sièges veloutés de l’Agora pour une présentation très intime de Prismes. Dès le premier tableau, l’attention du public s’est retrouvée captive de l’imaginaire créatif singulier de Benoît Lachambre et de ses six danseurs. Un véritable bouleversement des sens se produisit, sollicitant au passage une variété d’émotions à chaque changement de tableau. Les danseurs livrèrent une performance époustouflante et bouleversante, où chaque mouvement était profondément ressenti et en connexion parfaite avec l’essence de l’œuvre. Les interprètes ont su concrétiser le rayonnement du corps dans l’espace qui est à l’origine de cet ouvrage. Les jeux de lumières et de couleurs dirigés par l’éclairagiste Lucie Bazzo jouaient aussi un rôle déterminant, créant une panoplie d’illusions optiques. Une trame sonore particulièrement envoûtante créée en collaboration avec le compositeur Laurent Maslé ficelait le tout avec brio, mixant des rythmes électros et de grands classiques tel que la Cinquième de Beethoven. Cette œuvre puissante, singulière et anticonformiste s’ajoute dans une cohésion parfaite au répertoire intelligent de Montréal Danse. En somme, une grande réussite qui ne laissa pas une seule âme indifférente.

Suite à la représentation, Kathy Casey et Benoît Lachambre exploitèrent les sens encore échauffés des spectateurs cobayes de cette avant-première pour recueillir et décortiquer avec vif intérêt les impressions fraîchement éprouvées, toujours à l’affût d’éventuels perfectionnements. Ce fut une occasion d’échanger avec spontanéité et d’obtenir des explications sur les éléments non assimilés de la pièce. Toutes ces interrogations furent intelligemment développées et regagnèrent leur sens, s’incorporant ainsi dans un tout harmonieux. L’Agora de la danse se vida tranquillement, laissant repartir ses invités visuellement extasiés, quelque peu enjalousés par les talents visionnaires de ces grands virtuoses de l’art de la danse.

À découvrir absolument…

Amélie Durivage, participante au programme Arrimages 2013-2014

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