Solutions à notre problème de productivité

La bonne performance économique du Canada durant les années 2000 s’explique en partie par l’augmentation dans le prix des matières premières. Toutefois, elle cache un problème important soit, la faible croissance de la productivité au Canada (1). Et comme indiqué dans billet précédent, le problème n’épargne pas Montréal. Considérant le fait que le revenu des ménages est étroitement lié à la croissance de la productivité ($/heure) des travailleurs, il est important d’étudier les leviers politiques pouvant être utilisés pour améliorer la situation (1).

Un auteur (1) a récemment identifié les causes de ce problème. En premier lieu, les entreprises canadiennes n’auraient pas suffisamment investi dans la machinerie et les équipements de production (capital physique). Conformément à un précédent billet, l’auteur souligne que les entreprises canadiennes investissent d’une manière insuffisante dans la recherche et le développement. En troisième lieu, on retrouve le facteur du capital humain; le Canada a une bonne main-d’œuvre, mais il serait important de continuer à l’améliorer. Finalement, il n’y aurait pas suffisamment de « création –destruction » dans notre économie; en termes différents, les entreprises inefficaces sont remplacées par des entreprises plus efficaces à un rythme insuffisant.

Les deux facteurs ayant le plus d’impact et pouvant faire l’objet d’une politique publique efficace sont les investissements dans le capital physique et dans la recherche et le développement (1).

La recherche et le développement

Les entreprises investissent peu dans la recherche et le développement. Pour remédier à ce problème, deux solutions peuvent être envisagées. Premièrement, le Canada encourage les entreprises à investir dans la R&D principalement via les crédits d’impôt. Or, il semble que les pays qui investissent dans la recherche et le développement par des subventions directes obtiennent un retour sur investissement bien supérieur. Le gouvernement fédéral et les provinces devraient donc entreprendre une transition vers un mode de financement direct (subventions) pour la recherche et le développement (1)(2)(3) .

Au surplus, augmenter le maillage entre les universités, les entreprises et les gouvernements pourrait être une autre solution (La croissance de la productivité – quel rôle pour les universités?). Pour y parvenir, la création de groupes sectoriels pourrait permettre une plus grande efficacité dans l’allocation des ressources (4).

Investissement dans le capital physique

En matière de machinerie et les équipements de production, des outils fiscaux pourraient être utilisés (1).

En matière d’infrastructures, il y a deux écoles de pensée qui s’affrontent. La première considère que les investissements gouvernementaux sont bénéfiques pour l’économie, car ils remplacent les investissements du secteur privé lorsqu’il y a un ralentissement économique. La deuxième considère les investissements gouvernementaux comme étant nuisibles en raison des charges fiscales qui les accompagnent. La vérité semble être plus nuancée; en effet, une étude récente du CIRANO indique que les investissements gouvernementaux sont bénéfiques pour l’économie, à condition qu’ils soient suffisamment pertinents (5).

Comment déterminer la pertinence d’un investissement? D’abord, un investissement gouvernemental est particulièrement pertinent lorsque les gains en matière de productivité (ex : baisse des coûts de transport) compensent largement pour le coût de l’investissement. Les effets sur la qualité de vie et l’esthétique doivent aussi être pris en compte (pouvoir d’attraction en matière d’investissements). D’autres facteurs pourraient devoir être pris en compte.

Qu’en pensez-vous?

Références :

  1. Someshwar Rao, Cracking Canada’s Productivity Conundrum (2011) IRPP
  2. Centre sur la productivité et la prospérité Le Canada et le Québec, des innovateurs peu efficaces
  3. Centre sur la productivité et la prospérité Productivité et prospérité au Québec: Troisième édition
  4. Jean-François Rioux, POUR TIRER PLEINEMENT PARTI DE L’INNOVATION, Sorti13.com.
  5. Luc Savard, Dépenses en infrastructures publiques et externalités positives (2010) dans « Le Québec Économique, Vers un plan de croissance pour le Québec » Chapitre 9, p.181.

Billets précédents :

Pour un Plan Sud – l’importance du financement public de la recherche

La croissance de la productivité – quel rôle pour les universités?

Minimiser les risques économiques associés à la R&D

La valorisation de la recherche universitaire, c’est rentable?

Valorisation de la recherche universitaire

Image: renjith krishnan / FreeDigitalPhotos.net

10 réponses à “Solutions à notre problème de productivité

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