Gardons le focus sur la persévérance scolaire : bilan des 2es Rencontres interrégionales

Dans la tourmente des débats portant sur l’instauration d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, sur les remous du printemps arabe et sur la fragile conjoncture économique mondiale, le thème de la persévérance scolaire se fait malheureusement, mais inévitablement, petit, discret et sous-représenté par la communauté médiatique.  Pourtant, l’importance du sujet est non-équivoque[1] et constamment d’actualité.  En fait, ce sont d’ailleurs les 19 et 20 octobre derniers que se sont tenues, à Québec,  les 2es Rencontres interrégionales sur la persévérance et la réussite scolaires (« 2es Rencontres sur la persévérance scolaire », ci-après), organisées par un groupe de travail présidé par monsieur Jacques Ménard, président de la Banque de Montréal et du Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires. 

Suite aux 1res Journées interrégionales sur la persévérance scolaire et la réussite éducative en 2008, à l’implantation de la Stratégie d’action jeunesse 2009-2014 du Secrétariat à la jeunesse[2] et au nouveau programme gouvernemental L’école, j’y tiens du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec[3], les 2es Rencontres sur la persévérance scolaire ont donc contribué notamment à évaluer les progrès effectués dans le domaine depuis 2008 et à enligner les différents acteurs du milieu vers les actions qui permettront de porter à 80 % le taux de diplomation des québécois de moins de 20 ans d’ici 2020[4].

Les 2es Rencontres sur la persévérance scolaire avaient donc comme objectifs principaux de 1) consolider le consensus québécois sur la nécessité de valoriser l’éducation et la persévérance scolaires, et 2) de poursuivre la mobilisation régionale en persévérance scolaire[5].  Comme l’ont déjà soutenu certains intervenants du milieu, notamment la ministre de l’Éducation madame Line Beauchamp[6], les tentatives de mobilisation dans le domaine de la persévérance scolaire doivent indéniablement être accompagnées de cibles précises favorisant un engagement accru des instances gouvernementales, médiatiques, parentales et scolaires.  C’est d’ailleurs ce qu’a réitéré le professeur en psychoéducation à l’Université de Montréal, Michel Janosz, dans le cadre des 2es Rencontres sur la persévérance scolaire.  Selon lui, la seule façon de mesurer adéquatement l’efficacité de la mobilisation est d’évaluer systématiquement  les mesures prises en fonction d’objectifs précis et établis de façon concertée[7].

Bien que les 2es Rencontres sur la persévérance scolaire aient permis notamment de souligner plusieurs lacunes et obstacles majeurs à la lutte contre le décrochage scolaire, elles ont surtout permis de constater que les efforts et démarches entrepris portent fruit.  En effet, le taux de diplomation au secondaire est passé de 66,8 % en 2002-2003 à 73,8 % en 2009-2010, selon ce que la ministre de l’Éducation Line Beauchamp a fièrement annoncé mercredi passé dans le cadre des 2es Rencontres sur la persévérance scolaire[8].  Il s’agit donc de statistiques encourageantes dans la poursuite de l’objectif de 80 % de diplomation avant l’âge de 20 ans en 2020.  Pour faire suite à ce qui a été mentionné plus haut par rapport à la nécessité d’établir des objectifs et de les évaluer, il est intéressant de souligner que la ministre attribue ce succès notamment à l’obligation imposée aux écoles et aux commissions scolaires d’atteindre des cibles de réussite.

Les 830 personnes présentes à Québec dans le cadre des 2es Rencontres sur la persévérance scolaire témoignent de l’intérêt porté à la matière malgré toute l’attention octroyée à certaines actualités qui peuvent a priori toucher plus directement les contribuables.  Pensons, comme nous l’avons mentionné ci-haut, à la corruption dans l’industrie de la construction et aux lourdes conséquences encore senties de la crise économique de 2008.  Par contre, il est important de réitérer le fait que la santé économique et sociale de nos villes, de notre province et de notre pays dépend directement du taux de diplomation et du taux de chômage en découlant[9].  La compréhension d’enjeux sociaux étant favorisée par une éducation de qualité, il est donc primordial de continuer les activités de mobilisation pour ainsi s’approprier toute l’attention méritée, les ressources financières et matérielles et l’intérêt de la population.


[1] Un récent article de Radio-Canada[1] mentionnait que le décrochage scolaire est devenu la deuxième préoccupation des Québécois : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2011/09/27/002-sondage-decrochage-scolaire.shtml

[2] Secrétariat à la jeunesse : http://www.saj.gouv.qc.ca/strategie/index.html

[3] Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport : http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/reussitescolaire/

[4] En effet, il s’agit d’un consensus gouvernemental et social : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/09/09/002-decrochage.shtml

[5] Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaire : http://www.groupeactionperseverance.org/orientations/

[9] Voir à cet effet mon dernier article portant sur l’impact du décrochage scolaire conjugué au vieillissement de la population sur la santé économique et sociale de notre société : http://blogue.jccm.org/author/judithjccm/

Santé économique et sociale: l’importance de la persévérance scolaire

Persévérance scolaire –apport concret de la relève d’affaires***

La persévérance scolaire et la pauvreté

Blogues intéressants sur le monde de l’éducation :

http://gestionscolaire.blogspot.com/

http://www.planete-education.com/

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